Gouvernance/Redevabilité

Oxfam Novib est lead du thème 1 sur « la participation politique et le contrôle citoyen de la gouvernance et de la redevabilité ».

A travers cette thématique, le Consortium SNV, ICCO, Oxfam Novib cherche à renforcer (par des changements de comportements, de politiques et de pratiques) la participation effective des jeunes (hommes et femmes)  à travers des regroupements formels et informels de la Société Civile. Leur implication est visée  dans l’élaboration et le suivi des politiques budgétaires et fiscales des communes sélectionnées en faveur de la prise en compte de leurs préoccupations de développement et la gestion des conflits dans leurs milieux de vie. Les jeunes analyseront et réagiront à l’efficacité des allocations budgétaires et des ressources fiscales et leur effectivité dans les secteurs de l’éducation,  de la santé, de l’eau, de l’assainissement, de l’emploi, de l’exploitation familiale, des ressources naturelles  et du foncier.

L’appui aux enjeux de la décentralisation
Les résultats produits dans le thème « Participation politique et contrôle citoyen des affaires publiques » s’inscrivent  dans le renforcement de la décentralisation  dont la principale faiblesse n’est pas sa structuration mais sa mise en œuvre. Cette mise en œuvre est faussée  par un manque de vulgarisation des Lois et Règlements, un manque de transfert financier concomitant au transfert de compétences, à l’insuffisance de capacités du personnel local. Elle est également faussée dans plusieurs cas par des élus et des responsables opportunistes  qui la détournent de ses principes sociaux d’autodétermination et de développement endogène en faveur de gains et privilèges personnels exagérés et ce, souvent en toute impunité. C’est principalement cette cause (le comportement moral des élus et responsables collectifs) qui alimente l’incivisme fiscal généralisé, l’injustice et la méfiance envers les institutions modernes du pays.
Le contrôle citoyen appuyé par le PGLR s’applique également aux responsables des services sociaux et des  projets et programmes humanitaires et de développement qui gèrent des financements mobilisés sur des arguments de pauvreté des populations et des jeunes,  en utilisant une approche constructive concrétisée par un concours sur la transparence avec remise de prime de transparence.

La participation et le contrôle citoyen  du système de gouvernance et de redevabilité des affaires publiques se gère à la fois à partir du haut et du bas de la pyramide. Le travail du PGLR se concentre à la base de la pyramide, car son action s’adresse en particulier aux leaders et acteurs non étatiques locaux représentant les populations pauvres qui  sont les principales intéressées à se doter de gouvernements locaux qui leurs permettent de se développer et d’améliorer leurs conditions de vie.
Les jeunes générations, l’acteur clé du PGLR, constituent  une force de changement pour l’avènement d’élus de qualité car ils souffrent de la situation actuelle d’injustice économique, de manque d’emploi et d’opportunité d’activités économiques porteuses d’avenir. A partir du moment où ils sont conscients que la Loi a prévu tous les mécanismes de participation et de contrôle des affaires publiques, ils se sentiront légitimes de les utiliser. Les élus face à un mouvement de jeunes biens informés et demandeurs de redevabilité de leur gestion, à débuter par la gestion des finances publiques n’ont que deux choix : mettre en pratique une gestion financière participative et transparente en faveur des besoins prioritaires des populations ; ce qui sera par effet, favorable à leur crédibilité et à leur ré élection.

L’appui à la « régionalisation ». Une décentralisation performante au niveau communal, impulsera une dynamique similaire au niveau des Cercles et ainsi de suite aux Régions et au niveau national car ce sont des vases communiquant au niveau structurel, humain et financier comportant des passerelles ascendantes et descendantes. Ainsi une Commune qui aura bien gérer ses moyens humains et financiers exigera que ses quoteparts versées au Cercle et à la Région soient gérées également de manière équitable et responsable. Le PGLR sera au cœur de cette dynamique car ses activités se réaliseront aux  3 niveaux des collectivités territoriales d’une même région.

Le PGLR aura également une influence sur la dynamique descendante (du haut vers le bas) à travers ses activités de suivi qui impliqueront les Comités Locaux d’Orientation des Activités de Développement et les structures faîtières des organisations de la société civile (OSC) engagée  dans ce processus de dynamisation de la décentralisation. Les OSC de ce niveau  pourront alors porter les enseignements issus du terrain vers les Autorités déconcentrées et le Gouvernement central pour leur prise en compte par des actions de lobbying et de plaidoyer.

Il va de soi que cet effort de dynamisation de la décentralisation exige une concertation two digits game rapprochée et régulière avec tous les acteurs qui y sont impliqués dans une même zone. C’est ainsi que la première priorité du PGLR sera de rencontrer les responsables des projets et programmes qui interviennent sur ce thème de la gouvernance/redevabilité locale afin d’être complémentaire et en synergie, car  l’atteinte d’un réel impact est à ce prix.   Un agenda de rencontres régulières et suffisamment rapprochées sera convenu afin d’assurer l’effectivité de cette complémentarité.

Oxfam Novib, qui est responsable du thème décentralisation/gouvernance a élaboré un module de formation sur la gouvernance locale et la citoyenneté. Ce module a été partagé avec les autres Agences et a servi à la formation de 1222 Jeunes Leaders (50% de femmes) dans les 51 communes d’intervention du Programme. L’ONG OneWorld a également développé une plateforme de téléconseillers d’information sur la gouvernance, la citoyenneté, la mobilisation des ressources (impôts, taxes). Les questions peuvent être envoyées au numéro 35 156 en spécifiant la commune, l’âge, le sexe suivi de la question.

Depuis 2016, les 1122 Jeunes leaders des 51 communes d’intervention agissent en faveur de la citoyenneté et de gouvernance locale redevable. Ainsi, de la demande de redevabilité.

Ainsi, le nombre de radios locales ayant diffusé au moins une émission structurée par mois portant sur au moins un thème de développement local (Santé, Education, WASH, gestion infrastructures/équipements marchands, GRN, gestion administration communale, citoyenneté, élections…) a évolué passant de 24 en 2015 à 40 radios en 2016 soit un progrès de 121% par rapport à la cible de 2016 (33) et 114% par rapport à la cible finale (35). En plus des radios partenaires existantes, les radios des communes de Diabaly et Monimpé dans la région de Ségou ont été réparées au cours du dernier trimestre 2016.

Au total, 42 restitutions publiques ont été organisées en 2016 à l’endroit de la société civile locale (sur le compte administratif, les investissements et services communaux) dans les communes d’intervention du Programme par les mairies contre 21 en 2015 soit un progrès de 140% par rapport à la cible de 2016 (30) et 82% par rapport à la cible finale (51).

Ces restitutions ont enregistré la participation d’environ 4494 personnes au total avec 39% de Jeunes hommes et 35% de Jeunes femmes. Au total, 464 OGSPs (Organismes de Gestion des Services Publics) incluant les Association de Santé Communautaire (ASACOs), les Comité de Gestion Scolaire (CGS), les Associations d’Usagers de l’Eau Potable (AUEP) et OSCs (Organisation de la Société Civile) incluant les conseils communaux de jeunesse, les associations féminines… ont participé auxdites restitutions publiques.

Au total, 46 débats publics sur le budget communal ont été organisés en 2016 contre 12 en 2015 soit un progrès de 90% par rapport à la cible finale (51). Ces débats publics ont enregistré la participation de 3 398 personnes représentants de 264 OGSP et OSC avec 18% de Jeunes hommes et 13% de Jeunes femmes. Ces débats publics ont été couverts par 28 radios locales.

 

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